Le Télégramme Rodolphe Pochet - Publié le 24 janvier 2018 à 00h00 - Modifié le 24 janvier 2018 à 12h06

Quatre heures le mardi, puis quatre heures le jeudi et encore quatre autres le samedi, toujours l'après-midi. Les séances de dialyse rythment la semaine de Marie-Noëlle Barreau. Cette habitante de Plonévez-Porzay connaît bien la route qui mène à la zone de Coataner, où se situe actuellement l'unité de l'AUB Santé. « Avant la séance et parfois même après, je suis très fatiguée, heureusement que Douarnenez n'est pas loin, le trajet est moins éprouvant », témoigne-t-elle. L'association des urémiques de santé, un établissement de santé privé à but non lucratif, défend depuis des décennies cette prise en charge de proximité des insuffisants rénaux. À travers des unités de grande taille, comme à Quimper, ou plus petites comme sur Concarneau et Douarnenez. « Ce serait plus simple de gérer une seule grosse usine de dialyse par département, mais il n'est pas concevable d'imposer de trop grandes distances à des malades qui doivent se déplacer plus de 150 fois dans l'année », indique Philippe Rolland, directeur de l'AUB. Sans oublier l'accueil de touristes dialysés arrivant sur le secteur, qui, eux aussi, ont le droit de partir en vacances.

Un bâtiment de 450 m²

La construction d'un nouveau centre de 450 m², sur un terrain de 1.600 m², devant la résidence Ty Marhic, répond à cette volonté d'améliorer l'offre de soins. Fruit d'une coopération avec la Ville et le centre hospitalier, il doit entrer en activité au mois de novembre. 

Entre l'achat du terrain et le chantier, lancé en décembre, le coût total pour l'AUB Santé se situe entre 800.000 € et 1 M€. Les locaux, occupés depuis dix ans, en location au Coataner, sont jugés exigus et peu fonctionnels. Ils accueillent dix postes de dialyse. Selon le niveau d'autonomie du patient, celui-ci peut être pris en charge en unité de dialyse médicalisée (UDM) ou en unité d'autodialyse assistée. Le nouveau bâtiment proposera seize postes, soit un maximum de 32 patients par jour d'ouverture. « L'objectif est de recevoir, à terme, un flux de 24 à 28 malades, contre une quinzaine aujourd'hui », résume Véronique Le Mérour, qui pilote l'équipe soignante. Deux infirmières sont présentes le matin, deux autres l'après-midi.

Éviter toute perte de temps

Comme le docteur Mohamed Rifaat, présent deux fois par semaine au centre, Véronique Le Mérour se réjouit de voir le futur site « facile d'accès et implanté au coeur d'un pôle bien identifié, avec la proximité de l'hôpital et ses services de moyen séjour et d'urgences ». « Nous travaillons déjà en étroite collaboration avec les médecins hospitaliers dans le cadre de conventions, dans les deux sens, ce rapprochement ne peut qu'apporter du mieux », complète Mohamed Rifaat, néphrologue. L'unité en construction, qui disposera également de bureaux de consultation, ne comportera qu'un seul niveau. L'idée, là encore, est de faciliter au maximum l'accès du malade à son poste : avec des séances de quatre heures, toute perte de temps supplémentaire se fait ressentir. Marie-Noëlle Barreau est satisfaite, de son côté, de ne pas voir l'unité devenir trop grosse. « Il faut garder aussi une certaine convivialité, c'est important car nous passons quand même pas mal de temps ici... »